1991
"Les objets qui meublaient la première installation (7-11 janvier 1991), nommée "Art(e)facts", étaient reliés par une thématique et ils formaient un tout. Si l'on réussissait à déceler le fil conducteur, I’élément rassembleur de ces divers objets, on ne voyait alors plus qu'une seule oeuvre, ce que seule la technique de l'installation peut permettre. Il s'agissait de ready-mades modifiés à partir de ready-mades modifiés. Explication: 1- Charette, partisan du postmodernisme, remet l'art moderne en question (celui du passé évidemment et non pas celui à venir); 2- pour ce faire, il s'inspire des fameux dadaïstes Marcel Duchamp et Man Ray qui eux, partisans du modernisme, ont remis l'art classique (I’art qui les précédait) en question et ont même proposé l'anti-art, 3- il modifie alors trois ready-mades célèbres de Duchamp et de Man Ray, les convertit en postmodernistes de modernistes qu'ils étaient, et rend classiques ces artistes qui avaient désacralisé les classiques antérieurs." (Ghislain Clermont)
"N'est-il tout de même pas étrange que pour faire avancer l'art, il faille utiliser l'art d'hier ? Mais comment peut-on devenir néo quelque chose sans remonter à un ou des pères ? Comme les dadaïstes donc, Charette utilise des objets du quotidien qu'il présente dans un autre contexte. Par exemple deux images encadrées de la Joconde qui se font chauffer dans un grille-pain : une oeuvre d'art devenue rôties, prêtes à être mangées et plus seulement regardées ! Autre exemple : une fausse bombe artisanale, terreur dans un aéroport mais tolérée dans une galerie d'art." (Ghislain Clermont)